Graham et la gestion de portefeuille

 

management risk

 

Tout en prudence dans les conseils qu’il prodigue à l’investisseur individuel, Benjamin Graham détaille dans l’Investisseur Intelligent sa conception de la gestion de portefeuille.

Comme règle général, Graham conseille à l’investisseur d’investir entre 25 et 75% de ses fonds entre actions et obligations de première catégorie avec une allocation entre l’une et l’autre qui dépend du niveau général des marchés et donc une combinaison d’équilibre de 50/50.

Les niveaux de marché étant difficiles à déterminer, à moins d’un sentiment particulièrement négatif de l’investisseur sur les perspectives de marché, Benjamin Graham conseille de conserver cet équilibre de 50/50 entre actions et obligations.

Ainsi, «  Si l’évolution de la bourse entraîne l’augmentation de la part des actions disons à 55%, l’équilibre sera restauré par la vente de 1/11e du portefeuille d’actions et l’utilisation de ces produits pour l’achat d’obligations. A l’opposé, une chute de la part des actions au-dessous de 45% entraînera la liquidation de 1/11e du portefeuille obligataire et l’achat correspondant d’actions ».

En pratique, deux problématiques se posent dans le suivi d’une telle politique d’allocation.

La première concerne les obligations et notamment le choix de celles-ci.

Graham soulève ce point en mettant en avant plusieurs éléments:

  • la fiscalité attachée aux obligations
  • la maturité des obligations (date d’échéance de celles-ci)

Dans un cadre français, le plus simple est d’investir la part dévolue aux obligations dans un fond euro d’une assurance-vie, celui-ci permettant d’échapper à la fiscalité par défaut des obligations en fonction de l’âge du contrat, aux problématiques posées par les maturités ainsi qu’à la volatilité des titres obligataires.

Par rapport à ces règles de prudence édictées par Graham et qui s’appliquent aussi bien à l’investisseur défensif qu’à l’investisseur entreprenant, le second pourra s’octroyer plus de souplesse dans le choix des titres, qui ne seront pas obligatoirement des titres de première catégorie mais demande en contrepartie une implication supérieure, en terme de temps, de motivation et d’attitude mentale.

« La majorité des détenteurs de titres devrait choisir le camp de l’investissement défensif. Ils n’ont ni le temps, ni la motivation, ni l’attitude mentale pour s’engager dans des activités d’investissement en professionnels. Ils devraient donc se satisfaire du retour sur investissement accessible aux portefeuilles défensifs (et même moins), et fermement résister à la tentation permanente de doper leurs performances en s’écartant du chemin tracé. »

Ainsi, Graham déconseille fortement d’investir, dans le cadre d’un investissement défensif dans trois catégories de titres :

  • les obligations étrangères,
  • les actions préférentielles ordinaires,
  • les actions secondaires.

L’investisseur entreprenant pourra, lui, éventuellement s’y intéresser, mais uniquement s’il peut les acquérir à des prix inférieurs aux deux-tiers de la valeur estimée de ces titres.